Les crises : un révélateur des inégalités de santé

Pandémies, crises économiques ou pénuries médicales : lorsqu’une société traverse une crise, les inégalités sociales de santé deviennent particulièrement visibles.

« Les inégalités sociales de santé sont les plus choquantes des inégalités sociales, car elles touchent directement à la vie et à la mort des individus. »
Sir Michael Marmot, épidémiologiste britannique

Pourquoi les crises ne touchent-elles pas tout le monde de la même manière ?

Face à une crise sanitaire, tous les individus ne disposent pas des mêmes ressources pour se protéger ou accéder aux soins. Le niveau de revenu, le logement, l’emploi ou encore le niveau d’éducation influencent fortement la capacité à faire face aux difficultés.

Les personnes les plus favorisées bénéficient souvent d’un meilleur suivi médical, de conditions de vie plus confortables et d’une plus grande facilité à obtenir des informations fiables sur la santé. À l’inverse, les populations les plus précaires sont davantage exposées aux risques et rencontrent plus d’obstacles pour se soigner.

Ainsi, les crises n’inventent pas les inégalités : elles les rendent plus visibles.

Revenus

Des ressources financières plus faibles peuvent limiter l’accès aux soins, aux médicaments ou aux complémentaires santé.

Conditions de vie

Le logement et l’environnement influencent la capacité à se protéger face aux risques sanitaires.

Informations

Le niveau d’éducation joue un rôle important dans la compréhension des messages de prévention et dans l’utilisation du système de santé.

Le Covid 19 : une démonstration à grande échelle


La pandémie de Covid-19 a constitué un exemple particulièrement révélateur des inégalités sociales de santé. Alors que certains travailleurs pouvaient poursuivre leur activité à distance, de nombreux employés, ouvriers ou personnels de première ligne continuaient à exercer leur métier au contact du public. Les conditions de logement ont également joué un rôle majeur. Les familles vivant dans des espaces restreints ou surpeuplés ont rencontré davantage de difficultés pour respecter les mesures d’isolement. Enfin, les hôpitaux fortement sollicités ont parfois rendu l’accès aux soins plus complexe, notamment pour les populations déjà fragilisées.

Inégalités face à l’exposition

Les professions de première ligne ont davantage été confrontées au risque de contamination.

Les caissiers, aides-soignants ou livreurs ont continué à travailler pendant les confinements et étaient davantage exposés au virus.

Inégalités de conditions de vie

Le logement et le niveau de revenu ont influencé la capacité à se protéger.

Les personnes vivant dans des logements petits ou surpeuplés avaient plus de difficultés à s’isoler et à limiter les contaminations.

Inégalités d’accès au soin

La saturation des services médicaux a touché plus fortement les populations fragiles.

Cela a poussé certaines personnes à renoncer à des soins.

Le saviez-vous ? 

Les conséquences sanitaires et sociales de la pandémie ont été plus lourdes dans les populations les plus défavorisées, révélant l’importance des déterminants sociaux de la santé.

Une crise qui dépasse la pandémie

Même en dehors des grandes pandémies, certaines difficultés continuent d’affecter l’accès aux soins. Les déserts médicaux, qui touchent de nombreux territoires, compliquent l’accès à un médecin généraliste ou à un spécialiste. Par ailleurs, les difficultés économiques conduisent certaines personnes à reporter ou abandonner des soins pour des raisons financières. Les soins dentaires, optiques ou psychologiques sont particulièrement concernés.
Ces situations montrent que les inégalités de santé ne sont pas uniquement liées aux maladies. Elles dépendent aussi des conditions sociales, économiques et territoriales dans lesquelles vivent les individus.

Les déserts médicaux

Certaines populations vivent loin des professionnels de santé.

Le renoncement aux soins

Le coût des soins reste un obstacle pour de nombreux ménages.

La santé mentale

Les difficultés sociales augmentent les risques de stress, d’anxiété et de dépression.

Le saviez-vous ? 

Près d’un Français sur trois a déjà renoncé ou reporté des soins pour des raisons financières, géographiques ou à cause des délais d’attente.

En France, environ 11 % de la population vit dans un désert médical, c’est-à-dire dans une zone où l’accès aux médecins est particulièrement difficile.

Les crises jouent un rôle de révélateur. Elles montrent que l’accès à la santé ne dépend pas seulement de l’existence d’un système de soins, mais aussi de facteurs sociaux tels que le revenu, le logement, l’emploi ou le lieu de résidence. Les populations les plus fragiles sont souvent les premières exposées aux difficultés sanitaires et les dernières à bénéficier d’une prise en charge optimale. Réduire les inégalités sociales apparaît donc comme une condition essentielle pour améliorer durablement l’accès à la santé.